Un peu d'histoire...
« Tout être ou tout groupe humain, pour retrouver sa vitalité, a besoins de revenir aux sources qui lui ont donné naissance"
Le FOYER 44 CHERCHE-MIDI n’a pas toujours porté ce nom ni même toujours ressemblé à ce qu’il est aujourd’hui. Au départ, il avait été nommé « l’Association « ETUDES ET FAMILLE ». « ETUDES » parce qu’il s’agissait d’accueillir des jeunes filles faisant des études et « FAMILLE » parce que cet accueil avait pour objectif de se faire dans un esprit de famille. De plus les jeunes filles qui y étaient accueillies ne constituaient qu'un petit groupe assez familial! Ainsi, l’ association « ETUDES ET FAMILLE » fut constituée par acte officiel enregistré le 10 mai 1948. Ses statuts indiquaient en son article I que cette association avait pour buts "L’établissement d’une maison qui facilitera les études supérieures..." et la création "d’œuvres de formation morale et religieuse de jeunes filles". Les membres fondateurs de l’association étaient constitués de représentantes de la congrégation du Carmel Saint Joseph et d’amis laïcs.
La situation matérielle de « l’œuvre » à ses débuts :
L’ « œuvre » - comme à l'époque l'on nommait toute institution philantropique - n’a commencé à fonctionner réellement qu’au mois de novembre 1950. En effet, avant cette date, l’immeuble était occupé en majeure partie par les Secrétariats de la Jeunesse Etudiantes Catholique Féminine. et du Journal ETUDIANTS. Pendant l’été 1950, un étage avait été libéré ce qui permit d’aménager cinq chambres et de recevoir neuf jeunes filles. Malgré l’époque tardive d’ouverture du foyer, les places disponibles furent rapidement occupées. La Maison des Etudiantes de l’Institut Catholique, 88 rue du Cherche-Midi avait accepté d’accueillir provisoirement les jeunes filles inscrites avant que les travaux ne fussent terminés. Cette organisation hâtive ne permit pas de constituter un groupe très homogène. Il comprenait : deux élèves de l’Ecole de librairie, une jardinière d’enfants, une élève préparant le monitorat de l’école ménagère, une élève de l’école H.E.C.F., deux élèves de l’école de secrétariat de la rue Soufflot, une élève des Beaux Arts (ancienne élève du Carmel Saint Joseph en Syrie) et une employée que les sœurs avaient reçue parce qu’elle était dans l’embarras. Durant cette première année, les jeunes filles ont pris leurs repas dans des « restaurants féminins » car il n’était alors pas possible de le leur servir sur place. La pièce du rez-de-chaussée transformée en salle à manger servait, faute de mieux, de salle de réunion. Pour la rentrée de 1951, la situation s’était considérablement améliorée puisque le secrétariat de la J.E.C.F. avait libéré les lieux progressivement à l’exception d’une pièce au premier étage qu’occupait encore le journal ETUDIANTS. Au cours de l’été, avaient été entrepris des travaux assez importants. L’expérience de l’année scolaire précédente avait montré l’inconvénient des chambres à deux lits que des jeunes filles étrangères n’acceptaient que faute de mieux et souvent avec l’idée arrêtée de s’enquérir d’une meilleure solution en cours d’année. Il fallait donc tâcher de transformer en chambres individuelles les pièces qui pouvaient s’y prêter, ce qui fut fait en construisant des murs légers - en fibre-ciment - de séparation (c’est ce qui rendit les chambres en question très sonores jusqu'à ce d'autres travaux soient éffectués). Cela permit la mise en place de 11 chambres individuelles et de deux chambres à deux lit, vastes mais dont la disposition ne permettait pas qu’on les sépare en deux. Le nombre de places passait ainsi de 9 à 15. Il était également nécessaire d’installer une "salle de douche". Les chambres individuelles furent pourvues de lavabos avec eau courante, quelques unes bénéficièrent, grâce à d’anciennes tuyauteries, d’eau chaude et d’eau froide. Un poste d’eau chaude fut prévu à chaque étage. Pour alimenter le tout, un ballon fut adjoint à la chaudière du chauffage central. Au premier étage du foyer principal d’aujourd’hui se trouve un salon où à l’époque était la salle de réunion de la J.E.C.F. A côté se trouvait une pièce contiguë communicant par une porte à double battant qui fût transformée en chapelle. Petite, elle suffisait à ce moment là aux sœurs du Carmel Saint Joseph. Quand les jeunes filles désiraient assister à la messe, on ouvrait la double porte en face de laquelle était placé l’autel et l’on avait ainsi une chapelle acceptable provisoirement. Aux rez-de-chaussée, divers aménagements furent faits au sein de la cuisine afin de pouvoir offrir aux jeunes filles la pension complète à partir de l’année universitaire 1951-1952. La cage d’escalier fut également remise en état durant cette année, notamment au niveau des peintures qui semble-t-il dataient de Mathusalem ! Il restait, alors, encore d’importantes réparations à faire : celle du toit (le « latis » devait être remplacé ainsi qu’une partie des gouttières) ; il y avait également le souhait de transformer, au cours de l’année 1952, en dépendance et économat, un garage situé derrière l’immeuble. Ce n’est qu’une fois tout ceci fait que la maison pouvait être considérée comme remise en état. Une amélioration était toutefois encore entrevue dans la mesure où il serait possible d’augmenter le nombre de places offertes aux jeunes filles. On attendait que l’œuvre de la Sainte Enfance ait libéré l’immeuble voisin (sans doute celui du n° 19 de la rue Dupin) afin de pouvoir le consacrer entièrement aux étudiantes avec 25 places et de leur donner un accès direct sur la rue.
Le fonctionnement interne de la maison en ses débuts :
Dans un rapport effectué pour l’assemblée générale du 27 janvier 1952 , il est stipulé à un moment donné de sa rédaction qu’ : « il y aurait intérêt, maintenant, à dire un mot du bien qui se fait dans cette maison ». Cette année là, le recrutement des étudiantes se fit dès le mois de juin, époque à laquelle les familles s’inquiétaient d’assurer un gîte à leurs filles pour la rentrée d’octobre. Déjà à l’époque, un nombre important d’étudiantes se présentaient et alors était effectué une sélection permettant de constituer « un groupe homogène de jeunes filles sérieuses voulant vraiment travailler et non profiter surtout de Paris à l’occasions d’études fantaisistes ». Scientifiques ou littéraires, certaines préparaient des licences, voire l’agrégation, elles appartenaient à des écoles professionnelles supérieures, ou de secrétariat, ou d’architecture, ou à celle des Beaux Arts. Le contact entretenu avec les familles, surtout pour les plus jeunes, permettait « d’exercer un certain contrôle – nous aimerions mieux plutôt dire une protection – qui les garde d’imprudences si faciles à commettre quand elles viennent de province à Paris». Ceci dit une assez larges liberté leur était laissée puisque l’heure de rentrée était fixée à 22 heures, avec la possibilité, une fois par semaine, de se rendre au théâtre, au concert, à des réunions ; ce jour là, elles étaient attendue jusqu’à minuit et demi.Le petit nombre favorisait les contacts et les échanges entre les étudiantes, et des échanges pouvant être enrichissant puisque les études auxquelles elles se consacraient, bien qu’à peu près de même niveau, étaient cependant variées. Les contacts entre les étudiantes et la communauté étaient également très cordiaux d’autant plus que certaines venaient de Casablanca où elles avaient connu les religieuses du Carmel Saint Joseph dans le cadre des l’école et de l’internat qu’elles tenaient là-bas. « Ce sont des filles de colons ou de fonctionnaires français qui ont fait là bas leurs études secondaires. D’autres viendront certainement par la suite, ce qui rendra l’œuvre très intéressante puisqu’elle sera le prolongement d’une influence qui a déjà marqué d’anciennes élèves. On pourrait donc espérer que, leurs études achevées, ces jeunes filles réalisent ce que prévoient les statuts quand ils définissent un des buts de l’œuvre : « Faciliter les études supérieures aux sujets susceptibles de se rendre aux colonies pour la propagande de la culture française et catholique ».Un rapport sur l’année 1963-1964 donne un aperçu de l’évolution du foyer. L’association « ETUDES ET FAMILLES » est devenue propriétaire des deux immeubles correspondant aujourd’hui au foyer principal et à celui où loge la communauté dans la cours du 44 rue du Cherche-Midi. Cela lui permit de recevoir au maximum 32 étudiantes dont les orientations étaient toujours aussi diverses : licences de lettres ou de sciences, Institut de Sciences Politique, Polytechnique féminine, H.E.C.J.F., etc. « Son but est de fournir à ces étudiantes un cadre stable et familial ». Pendant les vacances universitaires, le foyer recevait des étudiantes étrangères venant suivre les Cours de Civilisation Française à l’Institut Catholique, à la Sorbonne ou à l’Alliance Française. Américaine, Scandinaves, Anglaises, Italiennes, Allemandes, Belges et Espagnoles transformaient le foyer en un lieu de rencontre international. La Direction du foyer, jusqu’à ce jour, a toujours été assurée par une Carmélite de Saint Joseph. A l’époque, il était question d’agrandir le foyer et d’obtenir une sortie sur la rue et échapper ainsi à la servitude concernant le passage par la porte du 44 rue du Cherche-Midi. Acquisition avait été faite d’un immeuble situé au 19 rue Dupin, le 28 janvier 1965, qui se trouvait contigu au foyer. Ne disposant d’aucun fonds pour financer cet achat, le Foyer ne possédant comme unique source de revenu que le montant des pensions versées par les étudiantes, l’association a demandé et obtenu un prêt de 1 500 000 F auprès de la Caisse d’Epargne de Paris, prêt amortissable en 9 ans au taux de 4%. La charge de cet emprunt devait être assurée par l’association qui devait s’abstenir durant ce temps autant que faire se peut d’entreprendre de grosses réparations dans les deux maisons appartenant à l’association et se limiter au strict entretien des locaux. Une demande de démolition de l’immeuble acquis, fut adressée à la Préfecture, celui-ci étant fort insalubre et nécessitant de nombreuses réparations. Or dans un premier temps l’autorisation fut refusée par la Préfecture qui demandait au préalable le relogement des huit locataires qui se trouvaient encore dans les lieux. Ce relogement occasionnant des frais très élevés, il fut impossible d'assumer les travaux immédiatement. Lorsque cela fut enfin possible, il s’avéra plus judicieux de procéder à un échange avec des promoteurs à savoir que l’emplacement du 19 rue Dupin fut cédé en échange de la construction d’un bâtiment de deux étages à la place d’un bâtiment se trouvant dans la cour à l’arrière du bâtiment du foyer principal et contigu à l’actuel bâtiment où loge la communauté. Ce bâtiment comportait au rez-de-chaussée une salle utilisée par les étudiantes à côté de laquelle se trouvait un petit entrepôt. Au premier, il y avait quatre chambres mansardées où logeaient des étudiantes suisses venant à Paris pour apprendre le Français. En fait, elles étaient envoyées par une association suisse avec laquelle était en lien la communauté du Carmel Saint Joseph. Les étudiantes étaient logées gratuitement et en contre partie elles fournissaient une aide dans le foyer pour le ménage, la préparation des repas qui y étaient servis à l’époque, la vaisselle. Les sœurs s’engageaient également à leur donner des cours de français et à les guider dans la découverte de Paris (ce même système existait sur un foyer géré par le Carmel Saint Joseph sur Bruxelles). En remplacement de ce bâtiment et pour augmenter le nombre de places fût donc construite et achevée en 1973 ce que l’on appelle aujourd’hui « l’Annexe » : bâtiment comportant au rez-de-chaussée une grande salle-polyvalente, et sur deux étages huit chambres dont une double et une petite cuisine au premier.Le 21 juin 1986 fut déclarée à la Préfecture de Police, la dissolution de l’association « ETUDES ET FAMILLES ». En effet, étant donné qu’était envisagée de distinguer la personne morale propriétaire et la personne morale gestionnaire, il fut décidé que l’association « ETUDES ET FAMILLE » fusionnerait avec l’association propriétaire « LA MARTINIERE » et qu’il faudrait donc constituer une nouvelle association chargée de la gestion du foyer d’étudiantes. C’est ainsi que le 23 avril 1985, par déclaration à la Préfecture de Police, c’est constitué en association le FOYER 44 CHERCHE-MIDI avec pour objet en son article 2 de ses statuts : « assurer le fonctionnement et la gestion des foyers {...} de jeunes, de toutes structures d’accueil ou d’hébergement et généralement de toutes œuvres et activité à caractère sociale, sans aucun but lucratif ».


